Le dernier refuge du rite

Lorsque je suis d’humeur gourmande et solennelle, j’aime souper dans un vieux palace peu connu de la Riviera lémanique où chaque repas est un véritable spectacle. Si vous y parlez de «nouvelle cuisine», on vous assurera qu’on vient tout juste de la repeindre. Le consommé vous y requinque, le gigot triomphe, le gratin vous arrime au sol et le chariot de fromages vous roule dessus. Mais tout le sel de la soirée n’est pas là. Pour le goûter, il faut s’asseoir côte à côte et face à la salle et observer la valse des serveurs orchestrée par le vieux maître d’hôtel, l’éclat enroué des plats de vermeil cabossés par un siècle de loyaux services, le mouvement onctueux de la trancheuse à charcuteries… et la satisfaction rayonnante de tous les participants au rite. Un ami, un jour, avait osé me dire, à propos du rôti: «je l’aurais tout aussi bien réussi à la maison». Alors rentre chez toi. Mais laisse-moi le maître d’hôtel. Nous avons des choses à nous dire.

On ne goûte pas pleinement la cuisine sans ses rites. Le meilleur traiteur ne rivalisera pas plus avec la bonne table de restaurant que le meilleur écran de Home Cinema peut rivaliser avec la toile de la salle obscure. Sortir au restaurant, ce n’est pas se nourrir: les bêtes se nourrissent, et parfois voluptueusement. C’est partager une culture, même quand on y va seul.

Slobodan Despot

Souvenirs…

Je vois mon papa affairé au dessus des casseroles alors qu’une odeur délicieuse envahit tout l’appartement… Il coupe, hache, détaille les légumes multicolores, tandis que la friteuse grésille du bruit de frites maison qui viennent à peine d’être jetées dans l’huile. Dans le four, la viande minutieusement choisie par mon passionné de cuisine de papa, cuit à basse température. Il est concentré, il veille… Comme il me l’a toujours dit « on ne quitte jamais sa préparation des yeux quand on cuisine ! »

Alors moi, petite fille, je regarde le maître au travail et je me dis que c’est du grand art. Encore plus lorsque je vois les assiettes si joliment dressées, car oui, on mange aussi avec les yeux. Bientôt toute la famille se retrouve autour de la table, prête à déguster cette cuisine si savoureuse car préparée avec tant de savoir-faire, mais aussi et surtout, avec tout l’amour du monde !

Voilà donc les images et les sensations qui me reviennent, en tête et dans le cœur, quand on me parle de bons petits plats.

Ces images évoquent le bonheur d’être ensemble, de partager, mais aussi la transmission au travers de mets qui racontent l’histoire d’une famille, d’une région, d’un pays. Alors vive la gastronomie sous toutes ces formes !

 

Mélanie Freymond

La bouffe, la bouffe et encore la bouffe….voilà maintenant plus de 30 ans que je baigne dans cette culture là.  Avec des parents qui n’attendent que le prochain anniversaire d’un des membres de la famille pour avoir une excuse gastronomique et découvrir un nouvel établissement. La chance aussi d’avoir vécu dans 6 pays différents dans les 4 coins du globe, et découvrir autre chose que la Longeole régionale…(même si elle est très bonne notre Longeole… 🙂

Mais ça va encore plus loin, il aura fallu qu’après le BAC, je fasse les 4 années d’études à l’EHL (Ecole hôtelière de Lausanne). Pour apprendre, déguster, savourer, découvrir, comprendre, il n’y a pas mieux. Bon ok, après 4 ans, je n’ai pas ouvert de restaurant, ni d’hôtel, parce que la passion musicale a pris le dessus. Mais je garderai éternellement un rapport privilégié avec la gastronomie et l’hôtellerie…en tant que client !

La réduction des prix aussi, ok, j’avoue !

Si seulement on pouvait passer notre vie au restaurant ! Que ce soit à 2, en famille, en amoureux, ou tout simplement seul. J’aime tellement partir quelques jours seul en vacances, et manger au restaurant sans personne avec qui parler. Il s’y passe plein de choses quand on est seul, à observer les autres, autour de nous. Cette situation m’a d’ailleurs inspiré une des prochaines chansons de STEVANS, qui s’appellera « Catch me ».

Les guides comme Tables Ouvertes nous permettent de changer de cadre, de sortir de nos habitudes, de découvrir des lieux dans lesquels on ne serait peut-être pas allé spontanément, et c’est ce qui en fait son charme. Vive la table et vive la bouffe !

Yvan Frane/Groupe STEVANS

VAINCRE LA TENTATION…

Se nourrir, manger, bouffer… chacun d’entre nous qualifions différemment la manière de nous alimenter. Chacun d’entre nous avons également des envies, préférences différentes concernant la cuisine.

Pourtant nous nous rejoignons tous sur le même chemin, celui du plaisir. Cela serait vous mentir de dire que je suis régulièrement au restaurant pour déguster les spécialités en tout genre, de tous les chef(fe)s, dont regorge la Suisse romande, vu la rigueur alimentaire que demande mon sport.

Donc lorsque je le peux, j’aime prendre un plaisir gustatif maximum, peu importe la cuisine. Et comme ces petits écarts dans mon régime alimentaire n’arrivent pas souvent, je sais qu’avec les Tables Ouvertes, les établissements y sont des valeurs sûres et des lieux chaleureux et acceuillants.

D’ailleurs, il m’est souvent difficile de résister à la tentation. Mais ne dit-on pas que le meilleur moyen de vaincre la tentation est d’y céder ?

Fanny Clavien

Se mettre à table !

J’ignorais jusque-là l’origine de cette expression : priver de repas un suspect afin qu’il crache l’aveux de son crime. Chez nous, auteurs de rimes, la parole vient plutôt en mangeant. Je ne saurais dire combien de mes couplets furent écrits à table, sur un bout de nappe en papier, sur une « napkin » froissée ou même au dos d’une addition. J’ai toujours dans mes archives quelques-unes de ces reliques de bonne chère. Des vers nés au buffet d’une gare, au comptoir d’un bistrot, à la terrasse d’un café. Il fallait bien sûr avoir la présence d’esprit d’emporter ces trésors griffonnés entre deux bouchés avec le bonbon à la menthe, le cure-dent et le carton d’allumettes aux couleurs du restau. Pour le souvenir. Pour se souvenir et pour rappeler plus tard à leurs auteurs les mots qu’ils ont laissé tomber avec les miettes et les cendres.

C’est avec les couleurs, les saveurs et les parfums qu’on fabrique les chansons. Ce sont de belles au bois dormant que le plaisir de tous les sens éveille et fait surgir. Savourer un plat, entendre une mélodie et un visage vous revient en mémoire, un pays vous manque soudainement, une anecdote s’invite dans la discussion. Une chanson est à l’oreille ce qu’un plat est à la bouche : un rappel d’histoire d’amour.

Ces tables ouvertes, il faut s’y mettre. Se mettre à table, tout avouer et penser à emporter les poèmes couchés sur la nappe !

Diane Tell

«LA GOURMANDISE»

Serais-je atteint de gourmandise? Ben oui  ! Cela me ressemble et me convient depuis toujours. Manger m’a incité au plaisir de la vie dès ma jeunesse, si ce n’est une jouissance éternelle aussi forte que mon rock’n’roll. Déjà, la cuisine de ma maman était le moment de bonheur efficace avec des goûts que je me rappelle encore. Inimaginables, ces parfums du passé! Parti en Amérique, j’ai découvert un grand délire de la cuisine en une vingtaine d’États, en balade «on the road», avec souvent une viande rustique.

 

New York, Los Angeles, Santa Barbara, les repas étaient copieux et excellents. Plus tard, j’ai aimé me retrouver en France, particulièrement à Paris, pour déguster des mets qui m’ont séduits: le grand art des grandes cuisines. Cela dit, nous avons aussi notre cuisine qui frise le top. Je suis charmé à Lausanne chaque fois que j’arrive et c’est dans ma famille  ! Une viande génies qui tourne en fête ou cuisine en folie. Donc, je suis atteint de gourmandise.

 

Bernie Constantin

 

Ce qui m’a plus manqué en confinement, c’était clairement l’idée de se retrouver au restaurant avec les copains. Quand c’est au programme, autant dire que c’est un de mes moments préférés de ma journée. Et quand c’est sur un coup de tête, ça le devient ! D’ailleurs j’aime tellement ça que j’y vais souvent sur un coup de tête, comme disait un célèbre joueur de foot français.

Et ce guide m’a toujours été familier depuis sa création car naturellement quand on aime écumer les restaurants, on aime en découvrir davantage et avoir nos adresses sûres où qu’on aille.
En panne d’inspiration ? Tables ouvertes ! En panne d’idée cadeau ? Tables ouvertes ! En panne de porte-monnaie ? Bein tables ouvertes aussi ! On ne va pas se mentir, les rabais savent aussi donner l’appétit et c’est quand même le seul outil grâce auquel quand on demande l’addition, on nous amène une soustraction.

Alors quel fut mon enthousiasme à l’appel de Jean-Charles Buffat et son équipe quand ils m’ont convié, sur un coup de tête, quelques jours avant le lancement de ce guide 2020 à devenir avec Fanny Leeb les nouveaux parrains de celui-ci, mais surtout de venir fêter cette nouvelle édition autour de la table parmi nos joyeux prédécesseurs, dont mon bon vieux rocker de père.
Car oui il n’en a pas l’air mais Bernie Constantin mange parfois.
Bref, c’était l’assurance d’une excellente soirée gustafestive, sur un coup de tête, mais je vais arrêter de le dire avant d’en prendre un.

Alors à l’évidence, il allait de soi qu’évidemment j’accepterai bien-sûr assurément de devenir l’un des parrains de ce nouveau guide table ouvertes 2020 !
Je sais que la phrase précédente était longue et répétitive, mais la condition était que j’écrive une préface de 1500 signes et j’y serai tout pile juste après vous avoir souhaité :

Bon appétit !

Jessie Kobel,
Comédien et humoriste
Parrain du guide de père en fils depuis 2013

La découverte des talents suisses.

Je suis très mauvaise cuisinière, mais qu’est ce que j’aime manger !
J’aime me laisser surprendre, oser goûter, m’émerveiller face à une belle assiette.
La cuisine est un art et étant moi-même une artiste, je respecte et admire ces créateurs culinaires, qui attisent ma curiosité ! Le guide « Tables ouvertes » permet d’offrir des instants de joie et de partir à la découverte des talents suisses.
Nos papilles gustatives impriment en nous des souvenirs de partage avec les gens qu’on aime. S’assoir, prendre le temps de déguster de la haute cuisine dans ces conditions, que demander de plus ?
La vie nous offre tellement de cadeaux. Apprécions, enregistrons, communiquons!
La cuisine est un art vital. Savourons notre chance et tournons-nous vers de nouveaux horizons gustatifs grâce aux ” Tables Ouvertes”.

Déguster ou dévorer?
On déguste Marcel Proust et l’on dévore un polar. Ces métaphores gastro-culinaires ne sont pas le fruit du hasard. Et littérature et gastronomie font bon ménage depuis des siècles : on aurait du mal à recenser exhaustivement le nombre de livres qui contiennent une scène de petit-déjeuner, de déjeuner, de dîner, voire de festin. Ou même des recettes, dont celles de Pepe Carvalho, le détective privé créé par l’écrivain espagnol Manuel Vásquez Montalbán, l’ont fait entrer dans la légende.
Comme dans Tables ouvertes, on peut trouver dans la littérature toutes formes de rencontres autour d’un repas : entre amis, en famille, en tête-à-tête amoureux, en déjeuner d’affaires – même si ce rituel est de nos jours passé de mode. On évitera toutefois les repas entre truands et bandits, qui furent pléthore dans les polars à l’ancienne… et on ne partira pas sans payer, bien sûr. Que la recette soit simple ou sophistiquée, là n’est pas la question, qu’un s’agisse d’un repas ou d’un livre : l’important, c’est le plaisir qu’on en tire, les goûts qu’on y découvre ou retrouve, les pays et/ou les époques que tous deux peuvent nous révéler, chacun à sa façon. Car c’est là un bienfait qu’ils partagent : celui de nous permettre de voyager dans le temps et dans l’espace en restant assis, et pour une somme modique !

Artiste et vraie épicurienne!
En véritable épicurienne, je savoure chaque moments délicieux que la vie me présente. Et en ce qui me concerne, l’un de ces moments préférés est celui d’un bon repas en bonne compagnie. J’ai toujours dit à mon entourage: “Il vaut mieux m’avoir en peinture qu’en pension” comme le dit le dicton. En effet, j’avoue cette faiblesse, comme diraient certains, pour l’un des pêchés capitaux qu’est la gourmandise. Pour ma part, je ne vois pas ce plaisir comme une faiblesse mais bien comme un pure délice.
De plus, lorsqu’il est partagé avec des personnes que l’on apprécie, cela devient doublement exquis.
En effet, qu’est-ce que j’aime déguster des saveurs différentes qui régalent mes papilles gustatives. Cela me procure une explosion de joie au même titre que lorsque je suis sur scène devant une foule endiablée. Quelle adrénaline!! Et aussi, quelle sensations agréables.
C’est justement cette expérience que j’ai vécue avec Tables ouvertes dernièrement en dégustant un magnifique repas gastronomique, accompagné de bons vins dans un cadre idyllique mais surtout en excellentes compagnies. Quel moment de partage, de rires, de joie et de découvertes. Ce moment restera à jamais graver dans mon coeur.

Naty

Pour notre famille les repas sont toujours des moments privilégiés. L’exploration nous accompagne continuellement. Elle fait partie de notre mode de vie où que l’on soit dans le monde et nous rassemble parfois autour d’une table improvisée. En voyage, ces saveurs nouvelles viennent à nous naturellement. Elles nous surprennent nous réconfortent par leur générosité. Les plus marquantes pour ma sœur et moi sont celles de la première expédition de Mike, Latitude Zéro. Nous avons longé les pays qui suivent l’équateur. Nous étions si jeunes et déjà confrontées aux éléments de ces cultures variées, tantôt africaines, américaines et asiatiques. Notre histoire gustative commençait. Au cercle polaire arctique pour l’expédition Arktos, nous retrouvons notre père dans un intervalle de cinq à six mois. Il avait une dizaine de kilos en moins, des gelures au visage et aux mains, presque méconnaissable. Chaque retrouvaille se faisait dans de petits villages de pécheurs situés dans le grand nord. Les habitants organisaient une cérémonie suivie d’un festin de leurs délicatesses locales ; gras et langues de baleines, de phoques, et d’autres plats dont nous ignorons encore l’origine. Même si nos papilles n’étaient pas habituées à ce genre de nourriture, le simple fait de gouter leur cuisine les rendait heureux. Ces moments de partage resteront graver en nous pour toujours. Au Canada, pour récompenser nos longues journées de marche interminables pour nos petites jambes, notre mère nous préparait des collations avec nos gourmandises préférées. Ses brownies tout le monde en raffolait. Elle y mettait des noix et des M&MS. Elle avait trouvé la manière idéale pour nous donner l’apport calorifique et la motivation nécessaires pour nous encourager. Notre mère aimait cuisiner. Comme notre père, elle idéalisait la simplicité. Pour notre plaisir, elle préparait des côtelettes d’agneau dont elle seule avait le secret, elle le tenait de ses origines néozélandaises. Elle les accompagnait d’un chutney maison, juste délicieux. Comme toute aventurière, elle aimait explorer de nouvelles recettes et c’était promise d’en essayer de différentes tous les jours. Un vrai régal pour nos papilles.

Toutes ces expériences nous ont construit et font qui nous sommes aujourd’hui. Elles nous définissent comme des citoyennes du monde. Nous sommes heureux de partager cette intimité avec vous et le guide des Tables Ouvertes pour vivre d’autres aventures gastronomiques uniques et diversifiées.

Jessica, Annika et Mike Horn

« Le bonheur d’ aimer « manger»
Autant l’avouer d’emblée, « manger » a toujours été l’une de mes activités favorites. J’irais même jusqu’à dire que, parmi tous les sports que j’ai eu l’inconscience d’aborder, c’est le seul dont la pratique ne m’a jamais plongé dans le ridicule aux yeux des autres. Il faut dire qu’avec une grand-mère lyonnaise et une d’origine piémontaise, j’en ai acquis les solides bases très jeune. Et, après plus d’un demi-siècle d’un entrainement sans faille, je n’ai aucune envie de raccrocher. Bien sûr, avec le temps, je suis enfin devenu pleinement conscient que, comme le répète mon cardiologue, c’est un sport finalement dangereux et qu’il serait sage, à mon âge, de diminuer l’intensité de la compétition. Que voulez-vous, c’est la décision que doivent prendre un jour tous les champions, même les plus grands. Ainsi, tel Roger Federer, qui, désormais, choisit avec parcimonie ses surfaces et ses tournois, j’ai supprimé les plats trop roboratifs et diminué drastiquement ma consommation de viande rouge, de gibier faisandé, de foie gras, de vins trop capiteux, de pain croustillant, ou d’acides gras saturés, bref en mille délices assassins.
Et, vous savez quoi ? Cet effort ne m’est même pas trop pénible, parce que c’est tellement tendance. Ainsi, j’ai conscience que non seulement je me fais moins de cholestérol, mais aussi que je fais du bien à la planète. C’est une immense joie que de se sentir à la mode…

Partager un repas est une fête !
Pour moi être épicurienne, c’est aimer la vie !
C’est sans doute lié à ma famille et à mes souvenirs d’enfance : je me souviens avec beaucoup de tendresse des moments où papa grillait des tranches de bœufs dans le feu de cheminée et que pour dessert on mangeait des bacs de glace entiers avec toute la famille. Ou encore les repas de fête que prépare ma maman. Des moments magiques durant lesquelles nous prenons le temps de partager. C’est ce sentiment de partage qui me fait penser que les repas sont et doivent rester des moments de fête et de joie.
Mes parents m’ont transmis leur amour pour la cuisine et, comme eux, j’aime concocter des festins pour mes invités (je dis bien festins car, oui, il y en a toujours assez !). J’aime recevoir mes amis, cuisiner pour leur faire plaisir et savourer ces moments privilégiés autour d’un bon repas. Bien manger, c’est bien vivre. J’ai besoin de manger équilibré et varié afin de me sentir bien dans mon corps et pouvoir réaliser mes meilleures performances mais je ne me prive de rien.
J’ai la chance d’avoir un bon métabolisme et je sais tout de suite si j’ai dépassé mon poids de forme. Comme je déteste cuisiner pour moi seule, j’en profite pour manger plus simplement mais toujours équilibré en faisant la part belle aux légumes, car j’adore ça ! Et surtout mon carré de chocolat quotidien. Comme dirait mon papa : « Si je fais du sport, c’est pour pouvoir manger ! » … Et c’est exactement ça !
J’aime cuisiner mais j’aime tout autant aller au restaurant. Une bonne table pour moi ce n’est pas spécialement un restaurant gastronomique (même si bien sûr j’aime la cuisine raffinée et d’exception), c’est aussi le petit café dans lequel on mange sur un coin de table ou un chalet de montagne dont on pousse la porte après un joli vol en wingsuit, une belle balade ou encore mon pique-nique sur un magnifique sommet ! Une bonne table, c’est une âme, une atmosphère, un sourire, un partage, un accueil chaleureux … C’est un endroit où l’on se sent bien avant tout.
C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai accepté d’être marraine de Tables Ouvertes.

Geraldine Fasnacht 💫

COUP DE JORAN
SUR LES HAUTES CRETES
Voilà déjà quelques années que l’Entracte a fermé ses portes. Petite oasis de liberté, d’amitié, et mélange de cuisine et de spectacles.
Légendes, souvenirs et nostalgie hantent le subconscient de ceux qui ont vaincu le brouillard du Haut Jorat. Et à chaque voyage à l’étranger ou dans les recoins perdus de chez nous, je recherche inconsciemment un bistrot idéalisé dans mon imaginaire. Une trappe, un trappon, un troquet, une ambiance, une odeur, une aventure, peu importe, mais parfois mes copains de route sautent le dîner, car le mirage de l’absolu ne se produit pas.
Aujourd’hui, avec les inspections, la paperasse, le service de l’hygiène, la chaîne du froid ou la traçabilité du produit, le menu qu’on choisit dans les casseroles de la cuisine en sirotant un vino della casa ou une « bleue » a disparu. A l’image du patron qui t’emmène te confesser sur un cageot à la cave et d’une « sommiche » aux talents provocateurs mais qui cache ses déceptions et ses tristesses dans un décolleté, semblant se venger des hommes. Où sont-ils ?
Ces loupiottes qui t’accueillent dans une clairière de montagne ou sur une plage balayée par la musique du bleu infini.
Maintenant, même les toilettes des chalets d’alpage sentent le romarin et les buvettes de nos lacs jouent aux cinq étoiles. Autrefois, on s’arrêtait chez les tantes Hélène, Eva, Emma, ou à Suchy pour un ballon du village, à moins de trois francs, alors que l’Appenzel corsé existe encore à La Praz. Et puis que sont devenus ces relais perdus en rase campagne où traînaient les vieux amants, les joueurs de cartes, les baroudeurs calmés par le parfum d’une inconnue et, où même les flics cachaient leur Volvo !
Gérer, tenir, animer, cajoler un palais gastronomique ou une gargote insolite demeurent un sacerdoce. Ainsi parfois dans l’alcôve d’une ferme des hautes crêtes, on réalise notre petit cinéma culinaire insolite.

Bouillon

UNE BONNE EQUIPE A TABLE
Quand on pratique un sport comme le hockey, les entraînements sont intensifs et demandent beaucoup d’énergie. C’est pourquoi après une journée à s’entraîner, il est important de pouvoir récupérer de la force grâce à un bon repas avec ses amis et coéquipiers ! Car pour qu’une équipe fonctionne, ce n’est pas seulement sur la glace qu’il faut cultiver les échanges, mais aussi en dehors de la patinoire, autour d’une table à laquelle on se retrouve et où on partage des moments qui permettent de mieux se connaître encore et d’améliorer la complicité pendant les matches !
Par chance, on profite à Fribourg et environs d’excellents restaurants dans lesquels on peut non seulement manger à sa faim, mais aussi passer une bonne soirée dans une ambiance chaleureuse et vivante qui contribue à souder les amitiés. C’est pourquoi je suis heureux de parrainer le guide Tables Ouvertes qui propose à ses chanceux propriétaires de découvrir les bonnes tables de notre région.
Car c’est ce même plaisir que vous allez partager à votre tour dans nos restaurants fribourgeois que nous espérons vous restituer quand vous venez assister à nos matches. Au plaisir de vous retrouver bientôt lors d’une rencontre et dans cette impatiente attente, je vous souhaite à toutes et tous un excellent appétit !

Andreï Bykov

Exergue :
« On profite à Fribourg et environs d’excellents restaurants dans lesquels on peut non seulement manger à sa faim, mais aussi passer une bonne soirée dans une ambiance chaleureuse et vivante qui contribue à souder les amitiés. »

Pour qui aime manger, les saisons se déclinent souvent en effluves gourmands. Odeurs alléchantes, parfums goûteux se mêlent au fil des jours en une sorte de poésie culinaire qui ne peut laisser indifférent l’amoureux des rimes et de la bonne cuisine.
Tout au long de l’année, levé à l’aube, j’aime à déambuler dans la ville endormie, Sous le vent léger du matin, je rêvasse, attentif aux parfums subtils de boulangerie qui se faufilent aisément par-dessus le trafic encore fluide pour venir titiller mes narines. L’irrésistible odeur d’une tarte aux pommes m’invite à fredonner Nougaro : « Plus encore que dans la chambre, je t’aime dans la cuisine. Rien n’est plus beau que les mains d’une femme dans la farine ». Chut ! Chante plus bas, on pourrait t’entendre. Par les temps qui courent les paroles de cette mélodie ne passent plus la rampe. Dommage ! Mais n’en faisons pas un fromage, d’autant que dans les vocalises du merle qui m’accompagne, je sens comme les prémisses d’une saison nouvelle. Tiens, tiens, tiens, c’est le printemps qui vient. Dans sa livrée vert tendre, il tient le haut du pavé et ses promesses de salades croquantes et d’omelettes baveuses aux herbes odorantes sont tellement appétissantes que mes papilles en salivent de plaisir. Facile de passer en revue les atouts du printemps et des crudités aux plats de résistance, je fais mienne la théorie du bien manger et m’attribue bonne conscience en y incluant cinq fruits ou légumes par jour. Quelques semaines plus tard, ça sent le thym, la menthe et le basilic. Faire le tour des étals du marché, c’est humer tous les parfums de l’été qui s’avance. Pêches et abricots gorgés de soleil, rivalisent de saveur sucrée avec un panier de fraises des bois, tandis que la tomate charnue suivie de son cortège de courgettes et de poivrons colorés sont une invite à céder sans tarder au péché de gourmandise.
Me concernant, nul besoin d’insister. Sur le bistrot du port, au troquet du père Louis ou dans quelque autre estaminet alertant mes sens avec un fumet divin, j’y suis déjà toutes affaires cessantes.
Et quand bien même sous le ciel immuablement bleu et le soleil qui donne, la faim se fait moins pressante, il suffit d’une terrasse ombragée et de quelques amis pour ne pas bouder pas son plaisir à mordre à petites bouchées dans quelque plat léger et subtilement épicé.
Le bleu du ciel un peu moins vif, des oiseaux en partance, une nature exubérante et flamboyante, pas de doute l’automne vient d’arriver. C’est un cueilleur habile et pressé de récolter les fruits du labeur des saisons précédentes. Aussi, avant que l’hiver ne tarisse sa générosité, l’automne nous invite à faire bombance, à oublier dans une débauche de cochonnaille, de vins capiteux et de vergers prolifiques, la promesse incongrue de faire carême avant l’heure. Ah qu’elles sont plaisantes ces tablées où dans une joyeuse euphorie, des convives gourmets ou voraces aspirent à grandes goulées le parfum de sous-bois, qu’exhale girolles et cèpes de Bordeaux talentueusement mêlés à l’arôme du gibier par un chef inspiré.
Quand l’hiver et ses frimas viendront nous régaler de potées savoureuses ou du fumet d’un incontournable pot-au-feu, je lèverai mon verre de vin de pays à cette jolie citation de Pierre Dac :
« De tous les arts, l’art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme. »